27 August 2012

Vers une meilleure compréhension des cours d'eau

"Entre 25 et 45 % des cours d'eau seraient aujourd'hui intermittents en France, estime Thibault Datry, chargé de recherche spécialisé dans l'écologie des cours d'eau temporaire, à l'institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture. "Comme les recherches sur ce sujet sont peu développées, ces chiffres reposent sur des essais de modélisations et des extrapolations de situations régionales que nous connaissons", explique t-il

Ces rivières s'assèchent ainsi de manière régulière sur des portions plus ou moins importantes. Par exemple un des affluents du Rhône, la Drôme perd quelques kilomètres dans sa portion terminale une fois tous les deux à trois ans. L'Albarine, sur les 60 kilomètres qu'elle compte en situation normale, s'assèche de 15 km plus de la moitié de l'année.

Dans la plupart des cas, les causes s'avèrent naturelles : manque de précipitations, niveau de nappe phréatique bas, etc. Parfois, ce sont les prélèvements humains et des barrages qui perturbent l'équilibre du cours d'eau. "Il est difficile de faire la part de ce qui est lié à l'homme et de ce qui est naturel", précise Thibault Datry.


En période sèche, certaines espèces comme les crustacés ou des larves d'insectes entrent en dormance et peuvent alors rester jusqu'à plusieurs mois dans les sédiments en attendant le retour de l'eau. Si une grande partie des organismes ne survivent pas à cette modification, les scientifiques ont cependant constaté que ces rivières constituaient des espaces importants pour la biodiversité et les zones d'échanges entre espèces. "Lorsque les cours d'eau disparaissent, beaucoup d'organismes terrestres les colonisent petit à petit : des araignées, des oiseaux, etc. viennent manger les poissons et les invertébrés piégés par l'assèchement, détaille Thibault Datry.

De la même manière comme la remise en eau est assez brutale, ces animaux seront emportés à l'aval et à leur tour utilisés comme ressources nutritives par des poissons.


Patrice


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20 August 2012

La santé des océans résumée par un indice

Comment mesurer la santé des océans à l’échelle du globe ? En tenant compte non seulement du maintien de la diversité des espèces, de la protection des milieux naturels mais aussi des services rendus aux humains par les écosystèmes marins...

C’est à cette tache complexe que se sont attelés plus de 30 scientifiques américains et canadiens. Ils ont créé un indice de la santé des océans pays par pays (Ocean Health Index).

La moyenne internationale est de 60 sur 100. La France se classe au 18ème rang avec un indice de 66 sur 100 – la Polynésie française est classée à part et se place en 6ème position, à égalité avec l’Estonie, avec un indice de 72.


Comment est caclculé cet indice ? Benjamin Halpern (University of California) et ses collègues ont d’abord défini 10 critères à remplir, qui sont à la fois environnementaux et socio-économiques.

Ils comprennent la protection des zones côtières, la propreté de l’eau, la biodiversité, la place de la pêche artisanale, l’utilisation durable des ressources marines par les pêcheries, la valeur touristique ou la préservation des habitats qui absorbent du CO2 (contribuant ainsi à lutter contre l’effet de serre).


Cyril


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13 August 2012

La Terre risque-t-elle de manquer d'eau potable ?

Premier constat : la quantité d’eau sur Terre est finie. Elle est estimée à 1 320 millions de km3 dont 97 % sous forme d’eau salée dans les océans et 3 % sous forme d’eau douce. Mais 1,8 % de cette eau douce est stocké dans les calottes glacières et les glaciers. Il n’en reste donc que 0,9 % dans les eaux souterraines et 0,02 % sous forme de lacs, de mers intérieures et de fleuves, soit 250 000 km3 qui  constituent la ressource en eau douce la plus facilement accessible, même si l’homme puise aussi largement dans les eaux sous-terraines des nappes phréatiques de l’aquifère.


Étant donné que l’être humain consomme entre 2 et 4 litres par jour, la quantité d’eau nécessaire pour 7 à 9 milliards de personnes est-elle aujourd’hui disponible ?

Quelles sont les disparités d’accès à l’eau dans les différentes régions de la planète ?

Quels sont les technologies permettant d’accroître les ressources en eau potable accessible à l’homme ?

Au-delà de sa disponibilité, quelle est l’évolution actuelle de la qualité de l’eau vis-à-vis de la santé humaine ?

Ecoutez les réponses à ces questions (et bien d'autres), débattues lors de l'émission de Michel Alberganti " Science publique " sur France Culture.

Bonne écoute

Christophe


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6 August 2012

« La crise de l'eau est une crise de gouvernance »

L’eau, élément vital, symbole millénaire ? Objet d’un droit humain, aussi. Pour l’IERPE  (Institut Européen de Recherche pour la Politique de l’Eau) et son co-fondateur, le professeur Riccardo Petrella – économiste et critique de la mondialisation - il est temps d’inscrire le droit à l’eau dans les constitutions de chaque pays.

Les députés européens semblent avoir entendu le discours de l’IERPE, puisqu’ils ont voté le 3 juillet dernier une résolution  selon laquelle « L'accès à l'eau devrait être un droit fondamental et universel ». Mais il n’est pas sûr que les députés européens suivent le raisonnement jusqu’au bout. Pour Riccardo Petrella, l’inscription dans les textes nationaux doit permettre de débloquer des budgets pour rendre effectif ce droit fondamental


L’IERPE propose aussi de modifier la Directive européenne sur l’Eau pour y inclure le « droit universel de base » (50 litres par personne et par jour, eau potable et services sanitaires), un peu sur le modèle de l’Afrique du Sud, dont l’Etat garantit la fourniture gratuite de 6 m3 par foyer et par mois. Cette proposition s’appuie sur la fameuse résolution de l’ONU votée en 2010, qui reconnaît le droit à l’eau potable comme un droit fondamental.


Emmanuelle


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