27 May 2013

Climobs.fr : Précipitations et cycle de l'eau

Climobs.fr
Les controverses qui ont éclaté en France et dans le monde, en particulier au moment du sommet de Copenhague, ont fait apparaître la nécessité de rendre accessibles à un public large, non-spécialiste, les données scientifiques du changement climatique.

Beaucoup d’informations erronées ont circulé au cours de cette période, et beaucoup de malentendus sont nés de ce que les connaissances relatives au climat n’étaient pas faciles d’accès. Les spécialistes des sciences du climat ont eu le sentiment que les recherches qu’ils mènent, parfois depuis des décennies, étaient mal connues et mal comprises.

C’est dans ce contexte qu’Universcience, l’établissement public né de la fusion du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie, a engagé la réalisation d’un site Internet dont la vocation est de constituer la référence francophone dans le domaine des indicateurs du changement climatique.

ClimObs.fr s’adresse à tous ceux qui veulent approfondir leur connaissance et leur compréhension du changement climatique en cours. Les lycéens, les étudiants, les enseignants, les journalistes, les membres d’associations, etc., y trouveront des données à jour et des explications claires, issues du monde scientifique mais présentées sur un mode qui ne demande pas de compétence spécialisée.



Précipitations et cycle de l'eau
Dans un contexte de changement climatique, l’évolution du cycle de l’eau est au moins aussi importante pour les activités humaines que celle des températures, et probablement davantage, notamment pour l’agriculture et les écosystèmes naturels. C’est pourquoi l’évolution passée et surtout à venir des ressources en eau mobilise particulièrement les scientifiques.

Néanmoins, la plupart des paramètres du cycle de l’eau sont naturellement beaucoup plus variables à la fois dans l’espace et dans le temps que les températures. C’est pourquoi il n’est pas facile de détecter un éventuel changement.

Dans l’atmosphère, l’eau est essentiellement présente sous forme de vapeur dont on peut observer l’évolution depuis environ 4 décennies grâce à certains instruments satellitaires. Ces observations, effectuées au-dessus des océans où le signal est de meilleure qualité, révèlent un accroissement régulier de la vapeur d’eau, d’environ 1,2% par décennie, en accord avec la loi de Clausius-Clapeyron, connue depuis le XIXe siècle et selon laquelle une atmosphère plus chaude peut contenir plus de vapeur d’eau.

On dit que le réchauffement global se fait grosso modo à humidité relative constante.
La vapeur d’eau étant un gaz à effet de serre naturel, cette évolution accroît en retour la hausse des températures (rétroaction positive). Il faut noter que la rétroaction liée à la fraction condensée (liquide ou solide) de l’eau atmosphérique, à savoir les nuages, est en revanche beaucoup plus incertaine : les propriétés radiatives des nuages varient de manière complexe (par exemple en fonction de leur altitude ou de la taille des gouttes). De plus les séries observées (in situ ou spatiales) sont insuffisantes pour caractériser les tendances.

Concernant les précipitations, les données dont nous disposons sur les continents depuis le début du XXe siècle n’indiquent pas de tendance claire en moyenne globale mais suggèrent des évolutions contrastées en moyenne zonale. Une analyse géographique plus fine révèle également des changements régionaux : le bassin méditerranéen, l’Afrique méridionale et l’Asie du sud montrent une légère tendance à l’assèchement, tandis que le nord de l’Europe, de l’Asie et le sud de l’Amérique latine voient la moyenne de leurs précipitations augmenter, souvent de l’ordre d’une dizaine de % sur le XXe siècle.

Par contre, on dénombre dès à présent une augmentation globale du nombre de jours sans pluie, qui s’accompagne d’un accroissement des pluies les plus intenses (voir rubrique « événements extrêmes »). On notera également que les mois secs (printemps/été) ont tendance à s’assécher davantage, tandis que les mois pluvieux (automne/hiver) évoluent en sens inverse. C’est donc une amplification des contrastes pluviométriques spatiaux et temporels qui d’ores et déjà se dessine au niveau planétaire.

Bonne(s) lecture(s),
Patrice

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