10 December 2013

Bâle (Suisse), en vert et contre... toit !

Pour les environnementalistes, en général, et les juristes de l’environnement, en particulier, Bâle est la ville où fut signée la convention éponyme encadrant les exportations et l’élimination de déchets dangereux. En matière d’urbanisme, la troisième ville de Suisse est surtout connue pour ses… toits.

Depuis 2001, la municipalité oblige les propriétaires à végétaliser les toitures de leurs immeubles, qu’ils abritent des logements, des bureaux ou des commerces. Et la réglementation est appliquée.

D’ores et déjà, un toit sur quatre s’est mis au vert. « Un record mondial », affirment les experts suisses. En 2020, un toit bâlois sur trois aura été planté.


La pose d’un tapis (voire plus) végétal n’a pas seulement un intérêt esthétique. Il constitue l’un des principaux outils d’adaptation des villes aux changements climatiques. Tapisser une toiture plane (voire un mur) d’une couche de végétaux et de substrat pouvant atteindre les 30 cm améliore sensiblement l’isolation du bâtiment.

Pas inintéressant, si l’on se souvient qu’en été la température d’un toit-terrasse badigeonné au bitume peut atteindre 80 °C. Ce qui fera monter de 3 °C la température ambiante de l’espace situé en-dessous. Verdie, une toiture plane ne réchauffe pas en été et ne refroidit pas en hiver les étages inférieurs. De plus, en dérobant le toit aux rayons UV du soleil, le parterre fleuri accroît considérablement sa durée de vie.


Comme tous les végétaux, ce tapis de mousse et de sédums (le plus souvent) boit. Ce faisant, il absorbe de grands volumes d’eau pluviale. Stockée, cette eau est relâchée sous formes gazeuse (évapotranspiration) et liquide, mais avec un effet retard. Résultat : plus les surfaces végétalisées sont importantes, moins les égouts risquent de déborder en cas de fortes pluies. Ce que les autorités municipales de Malmö en Suède ont, elles aussi, bien compris : en doublant le nombre de toitures vertes, les services de l’urbanisme de la troisième ville de Suède ont diminué de moitié le ruissellement incontrôlé des eaux de pluie.

Développer l’évapotranspiration des toits, c’est aussi brumiser la ville, en quelque sorte, et la rafraîchir durant les heures les plus chaudes.

Article paru dans la "Lettre à GES" de novembre 2013.

Emmanuelle


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