28 January 2013

Qualité de l’eau : savez-vous ce que vous buvez ?

Les habitants de Rouen, inquiétés récemment par l’échappement d’un gaz toxique de l’usine Lubrizol, seront heureux d’apprendre qu’ils sont amenés à boire du chlortoluron, un herbicide très toxique, à des concentrations dépassant les seuils réglementaires. Et ce, jusqu’au 13 février 2015.
Dans certaines communes, ce sont parfois une vingtaine de produits toxiques qui sont ainsi « autorisés » à des concentrations supérieures aux normes. Dans l’Orne, non loin de Condé-sur-Noireau, les habitants peuvent ainsi se désaltérer, jusqu’au 8 février 2013, avec un charmant cocktail de nickel, d’acétochlore, d’atrazine, de glufosinate ou de bromoxilyne... Autant de substances actives contenues dans des pesticides. A Perpignan ou dans le Val-d’Oise, au Nord de Paris, ce sera plutôt un dérivé du perchloroéthylène, un cancérogène très puissant, utilisé dans certaines industries, qui vous abreuvera.

Ces concentrations hors normes ne sont pas hors la loi. Elles sont permises par des dérogations préfectorales. Parmi les raisons qui justifient le contournement de la règlementation : « L’utilisation de l’eau ne constitue pas un danger pour la santé des personnes » ou encore « il n’existe pas d’autres moyens « raisonnables » pour maintenir la distribution ». C’est ce que révèle une enquête publiée par France Libertés et 60 millions de consommateurs à l’automne 2012. Plus de 1 000 dérogations sont recensées, sur 419 communes.


A la vôtre...

Emmanuelle


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21 January 2013

Xayaburi : la coopération transfrontalière mise à l’épreuve

Les Ministres de l’environnement et des ressources en eau du Cambodge, du Laos, de la Thaïlande et du Vietnam se rencontreront la semaine prochaine dans la ville de Luang Prabang au Laos pour décider ensemble du sort des barrages du Mékong, l’un des plus grands fleuves du monde, averti le WWF.

 
Une réunion décisive pour l’avenir de la région
La prochaine réunion de la Commission de la Rivière Mékong (MRC), réunissant les 4 pays riverains du Mékong les 16 et 17 janvier prochain, mettra la coopération transfrontalière à l’épreuve, ainsi que le sort de la rivière Mékong dont dépendent plus de 60 millions de personnes. La décision qui sera prise quant à la construction du barrage de Xayaburi légitimera ou non la MRC et créera un précédent important pour les 10 autres barrages prévus sur le Mékong.

Le Laos a lancé les travaux de construction au mépris des avis de la MRC…
En 2011, les ministres de l’environnement et de l’eau avaient pris la décision de retarder le projet de construction du barrage de Xayaburi en attendant le résultat de nouvelles études d’impact. Le Vietnam et le Cambodge craignent en particulier pour leur stock de poissons et de sédiments. Malgré cela, en novembre 2012, sans aucune concertation avec les pays du Mékong et sans en avoir informé la MRC, le Laos a décidé unilatéralement d’entamé les travaux de construction du barrage.

«Si les prises de décision continuent à se faire à l'extérieur de la MRC, la Commission perdra alors bientôt sa légitimité ainsi que les 300 millions de dollars de l’aide internationale", averti Jian-Hua Meng, spécialiste hydroélectricité durable pour le WWF.
…pour satisfaire les besoins énergétiques de la Thaïlande
La Thaïlande doit acheter la majorité de l'électricité générée par le futur barrage de Xayaburi, et au moins quatre banques thaïlandaises ont confirmé leur intérêt pour financer le projet, malgré les coûts environnementaux et sociaux élevés ainsi que les incertitudes quant à la rentabilité de ce projet de 3,8 milliards de dollars.
"La Thaïlande doit agir de façon responsable et annuler son contrat d'achat d'électricité jusqu'à ce qu’un consensus régional soit obtenu sur la question des barrages », ajoute Jian-Hua Meng.

La suite sur le site de l'ONG...

Cyril

riposteverte.com

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14 January 2013

Le lobbying de Suez contre la gestion publique de l’eau

Comment les multinationales de l’eau parviennent-elles à influencer l’opinion publique et à faire pression sur les élus politiques ? Comment Suez ou Veolia mènent-elles la bataille contre les partisans de la gestion publique de l’eau ?
 
Des documents révélés par Marianne2 montrent à quel point les multinationales sont prêtes à tout pour garder ou gagner des contrats d’exploitation. Le site Internet a publié des contrats passés entre la Lyonnaise des eaux (filiale du groupe GDF-Suez) et le cabinet de conseil en communication Vae Solis. Son rôle ? Lancer une campagne de communication pour décrédibiliser Gabriel Amard, président de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, et ses efforts pour émanciper cette collectivité locale de la tutelle des multinationales de l’eau.
 
 
Secrétaire national du Parti de gauche, Gabriel Amard a orchestré le retour en gestion publique du service de l’eau des Lacs de l’Essonne (regroupant les communes de Grigny et de Viry-Châtillon), à compter du 1er janvier 2011. Celui-ci était auparavant délégué à Veolia dans le cadre du Sedif (Syndicat des eaux d’Île-de-France). L’accord convenu à cette époque obligeait la nouvelle régie à acheter son eau en gros à la Lyonnaise des eaux, situation à laquelle Gabriel Amard et ses soutiens souhaitaient ouvertement mettre fin.
 
Pire encore pour Suez : Gabriel Amard n’hésite pas à s’afficher en première ligne dans le débat politique sur la gestion privée de l’eau, parcourant la France pour soutenir les collectivités locales qui envisagent une remunicipalisation de leur service. L’élu a soutenu activement en mars 2012 le Forum mondial alternatif de l’eau (FAME), organisé en opposition au Forum officiel promu par Suez et Veolia.
 
 
Valéry
 

7 January 2013

Pourquoi les rivières ne sont pas de longs fleuves tranquilles

Chacun sait que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Que les grandes rivières font les gros fleuves. Mais pourquoi, quels que soient les terrains, sur la Terre ou sur Mars, les réseaux hydrographiques adoptent-ils toujours cette forme d'arborescence si caractéristique qui évoque un arbre avec son tronc, ses branches et ses brindilles, et pas une pyramide ou une toile d'araignée, par exemple ? Qu'est-ce qui cause ces ramifications à l'origine des reliefs, que ce soit de profonds canyons ou des paysages ondulant doucement ?


Jusqu'à présent, seuls les aspects géométriques et statistiques du phénomène ont été abondamment traités, en prouvant notamment que ces structures sont fractales, c'est-à-dire qu'elles apparaissent identiques, quelle que soit l'échelle avec laquelle on les considère. Mais des explications physiques manquent pour justifier ces formes.

Une équipe américaine du Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux Etats-Unis, propose, dans la revue Nature du 6 décembre, d'y remédier. Son travail consiste en une modélisation dont les résultats ont été comparés avec succès à deux terrains réels en Californie (le plateau Gabilan) et en Pennsylvanie (le plateau Allegheny). Alors que ces deux paysages présentent une organisation des rivières similaire, les vallons de l'Ouest sont quatre fois plus petits que ceux de l'Est américain, et le relief est "découpé" à plus petite échelle. Des constats dont le modèle proposé rend bien compte.



Bonne lecture,

Patrice

riposteverte.com

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