25 February 2013

El Hierro, première île énergétiquement indépendante ?

Il y a à peine cinquante ans, une partie des habitants de l’île de El Hierro émigraient encore de façon clandestine (sous Franco) au Vénézuela… Cet îlot volcanique, escarpé et désertique, d’à peine 278 km2, n’avait pas grand-chose à offrir à une population de quelque 10 000 habitants, travaillant essentiellement dans le secteur primaire.

L’absence d’industries et l’insularité a longtemps rendu El Hierro dépendante de coûteuses importations, notamment de diésel servant à alimenter la centrale thermique de Llanos Blancos (qui fournit à ce jour l’essentiel de l’électricité sur l’île). En revanche, El Hierro a toujours bénéficié d’une source inépuisable d’énergie, le vent, avec des alizés qui soufflent particulièrement fort en été. En 1997, le Cabildo (gouvernement local) signe son fameux Plan de Développement Durable dont le but est de faire de l’île un territoire indépendant énergétiquement et un modèle de gestion durable et écologique des ressources naturelles (El Hierro a été déclarée Réserve de la Biosphère en 2000). C’est dans ce contexte que naît Gorona del Viento, un modèle de centrale hydro-éolienne unique en Espagne dont l’investissement initial, fixé à 64,7 millions d’euros, a été réparti entre le gouvernement local (60%), Endesa (30 %) et l’Institut Technologique des Canaries (10 %).


Approvisionnement continu
Cette prouesse d’ingénierie couple un parc éolien d’une puissance de 11.5 MW avec une centrale hydro-électrique auxiliaire de 6 MW, permettant de compenser le caractère variable du vent et garantir ainsi une continuité de l’approvisionnement. L’excédent d’énergie éolienne sert à accumuler de l’énergie potentielle dans le lac de retenue supérieur (d’une capacité de 380 000 m3). « Il n’y a que quand le vent fait défaut et qu’il n’y a pas d’eau accumulée dans les lacs de retenue que la centrale diésel prendra le relais. Mais Gorona del Viento a été conçue pour fournir la totalité de l’île avec de l’énergie à 100 % renouvelable », précise Juan Manuel Quintero, le PDG de la centrale.

D’après une étude préliminaire menée par la Commission Nationale de l’Énergie espagnole, Gorona del Viento permettrait à El Hierro d’économiser 80 millions d’euros d’importation de diésel sur les 20 prochaines années.

Délits écologiques
Mais pour les écologistes locaux de l’association Ossinissa, la centrale est loin d’être la panacée… «En quoi est-ce durable d’investir 100 millions d’euros [d’après le PDG de Gorona del Viento, le budget final est de 74,5 millions d’euros, NDLR] pour fournir de l’électricité à 6700 abonnés seulement ? », s’insurge Samuel Acosta, porte-parole de l’association écologiste. Depuis près de 10 ans, Ossinissa accumule les plaintes contre le gouvernement local. « Nous n’avons pas de réseau d’égouts et nous perdons près de 40% de l’eau potable dans un réseau qui nous coûte un million d’euros par an. Nous ne dépurons pas  nous ne recyclons pas et nous ne récupérons même pas l’eau de pluie ».

Suite aux plaintes d’Ossinissa, le ministère public des Canaries a ouvert plusieurs procédures disciplinaires pour des délits contre l’environnement (infractions dans des zones protégées, décharges sauvages…), le patrimoine historique (infractions dans des zones archéologiques) et le droit à accéder à certaines informations (violation des principes de la Convention d’Aarhus), dont certains sont liés à la construction de Gorona del Viento.  « Une véritable démarche durable consisterait à soutenir des PME locales pour installer des fermes solaires, des maisons bioclimatiques ou des parcs éoliens. Cela donnerait de l’emploi aux habitants et on en finirait avec le monopole électrique actuel », renchérit Ossinissa.

Lire la fin de l'article de Nathalie Pedestarres sur Novethic.

Valéry

riposteverte.com

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18 February 2013

Être docker, à l’heure de la mondialisation des produits toxiques

Ils sont les premiers à décharger les milliers de tonnes de marchandises qui arrivent chaque jour par bateau. Ils sont aussi les premiers à respirer l’air des cales : céréales aspergées de pesticides, pétrole, ciment… Et ils en paient le prix : sur les docks, on meurt dix ans plus tôt. A Nantes et Saint-Nazaire, las de voir tomber leurs collègues, les dockers sont à l’initiative d’un programme de recherche pour améliorer leurs conditions de travail et préserver leur santé. Un enjeu crucial pour l’avenir de leur métier. Reportage.

Ce matin de janvier, le crachin s’entête sur les quais du port de Montoir-de-Bretagne, à quelques encablures de Saint-Nazaire. Un navire de 40 000 tonnes de soja brésilien vient d’accoster. Mais le déchargement attendra. « Il y a trop de gaz dans les cales », expliquent les dockers. Réfugiés dans le petit bâtiment qui fait office de foyer, ils attendent « qu’il n’y ait plus de danger ».


D’ici quelques heures, quand l’aspirateur géant et métallique – appelé la « vis sans fin » – aura terminé d’avaler les tonnes de soja, pour les expédier vers les zones de stockage situées à l’arrière des quais, les dockers descendront dans les cales. « Avec des échelles de cordes quand il y en a, ou en passant par derrière le stock, en bas des tas de marchandise. Parfois, les murs de soja que la vis sans fin repousse contre les parois des cales s’écroulent. Dans ce cas, on en a partout ! », détaille Karl Montagne, docker depuis 30 ans.

Arrosé de pesticides avant la traversée de l’Atlantique, pour décourager champignons, rongeurs et insectes, le soja débarqué ce jour-là et l’atmosphère qui règne dans la cale ne sont pas très respirables. C’est la seule chose que savent les dockers. «  A un moment, on nous dit, c’est bon, vous pouvez y aller. Mais nous ne savons rien des produits qui ont été utilisés. Et respirer des doses réputées sans danger, pendant un jour, d’accord. Mais tous les jours ou presque, pendant 20 ans, qu’est-ce que cela donne ? », s’interroge le docker Karl Montagne. « Et le simple fait que ce soit OGM, ça fait quoi ? Parce que 90 % du soja qu’on décharge est OGM ! », poursuit son collègue Christopher le Canderf.

Lire la suite de l'article de Nolwenn Weiler sur Bastamag.

Bonne lecture sur ce sujet (beaucoup) trop peu traité.

Christophe

riposteverte.com

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11 February 2013

Mais où est le Conseil de l’Arctique ?

Il existe une instance que toute personne passionnée par le Grand Nord devrait connaître et suivre : le Conseil de l’Arctique.

Un conseil aux objectifs louables
Créé par la Déclaration d’Ottawa en 1996, le Conseil de l’Arctique est un “forum intergouvernemental de haut niveau, visant à se donner les moyens de promouvoir la coopération, la coordination et les interactions entre les États signataires sur des sujets communs, notamment le développement durable et la protection de l’environnement dans l’Arctique.”.

Une importance particulière est donnée, au sein du Conseil aux questions de développement durable et de protection de l’environnement dans l’Arctique.


Sur le papier, une bien belle définition, et de grandes ambitions… Mais...


Pas grand chose à montrer 
En dépit de sa mission principale : aider à protéger l’environnement unique et fragile du Nord en soulignant la vulnérabilité de la région aux dégradations écologiques et la menace imminente du changement climatique, le Conseil n’a pas été particulièrement actif dans la création de lois contraignantes. En fait, depuis sa création au milieu des années 90, le Conseil n’a jamais produit qu’un seul accord juridiquement contraignant, : le “Aeronautical and Maritime Search and Rescue (SAR) agreement” signé à Nuuk, en 2011.

Dans l’ensemble, le Conseil de l’Arctique a omis de fournir le type de réglementation et l’impulsion nécessaires face à des menaces complexes tels que des changements environnementaux rapides, ou l’appétit de plus en plus dévorant des multinationales de l’énergie pour les réserves du Grand Nord. En effet, après presque deux décennies de tables rondes, de réunions d’experts environnementaux et ministérielles, le Conseil n’a rien de concret à montrer.

Accord sur les réponses d’urgence aux marées noires
De gros progrès pouvaient donc être accomplis. Et c’est pourquoi des groupes et ONG, comme Greenpeace, suivaient de très près l’intention affichée par le Conseil de l’Arctique de créer un accord international sur la réponse à une menace de plus en plus présente sur l’environnement: un déversement de pétrole dans l’Arctique.

Le conseil a effectivement mis en place un groupe de travail, pour rédiger un accord de coopération sur la préparation à une pollution par les hydrocarbures et d’intervention dans l’Arctique. Objectif ? Aboutir à un “accord intergouvernemental juridiquement contraignant” qui garantirait une réponse efficace à un accident de forage en mer dans la zone.

Malheureusement, et fidèle à ses habitudes, le Conseil de l’Arctique n’a rien produit.
Le Conseil de l’Arctique remplira-t-il sa mission de protéger cette région unique convoitée par Shell et Gazprom ?

La suite sur le site de Greenpeace.

Valéry

riposteverte.com

4 February 2013

En France, la politique (publique) de l'eau est dans la tempête

Le ménage a été fait discrètement. Mais cela ne devrait pas suffire à étouffer le scandale qui frappe l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), un établissement public sous la tutelle du ministère de l'écologie, bras armé de la politique publique de l'eau en France. L'agence en gère les données statistiques, cruciales pour juger de la qualité de notre ressource hydrique.

L'Onema est sous le feu de vives critiques dans le rapport annuel de la Cour des comptes, qui sera rendu public le 12 février. Les conclusions des sages de la Rue Cambon s'appuient largement sur un "Relevé d'observations provisoires" daté de juillet 2012 dont Le Monde a pu prendre connaissance.
Lancé le 8 septembre 2011, le contrôle de la Cour met en évidence de lourds dysfonctionnements internes : "absence de fiabilité des comptes", "un budget mal maîtrisé sans procédure formalisée d'engagement de la dépense", "une gestion des systèmes d'information défaillante", "des sous-traitances non déclarées", etc.


Etablissement public administratif national, l'Onema relève du champ d'application du code des marchés publics "mais, lit-on dans le rapport provisoire de la Cour, les carences de l'archivage des dossiers de marchés ne permettent pas un bon suivi. (...) Il en est résulté que les dossiers étaient très incomplets et divers documents n'ont pu être produits (bons de commande)". En 2012, l'Onema comptait 900 agents et disposait d'un budget de 110 millions d'euros.

L'établissement, dont le siège social est à Vincennes (Val-de-Marne), est aussi visé par une plainte contre X déposée le 4 juillet 2012 au parquet de Créteil par le Syndicat national de l'environnement (SNE-FSU), représenté au sein de l'Onema.

Lire la suite de l'article de

Cyril

riposteverte.com

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