25 March 2013

Sept solutions pour gaspiller moins d'eau

Le 22 mars 2013 était le 20ème anniversaire de la Journée Mondiale de l’Eau.
Comme l’explique le Food Tank, initiative de Danielle Nierenberg (ex directrice de Nourishing the Planet/World Watch Institute) et Ellen Gustafson, l’eau se raréfie et la pression monte entre les différents usagers

Même si il y a 1,4 milliards de kilomètres cube d’eau sur terre, seul 0,001 % de cette eau est accessible à l’homme. Et 70 % de cette eau disponible est utilisée par l’agriculture en moyenne.
Avec les sécheresses récentes à répétition, un climat qui se réchauffe, la croissance démographique continue, et les besoins croissants pour nourrir cette population supplémentaire, qui plus est s’urbanise, s’industrialise et donc consomme plus par tête, il y a urgence pour sauvegarder les ressources en eau.

On comprend donc le choix du thème de cette année : la coopération autour de l’eau.  Car une gestion durable, équitable de l’eau commence par mettre autour de la table les différentes parties. Coopération entre pays, coopération entre les différents secteurs d’activité, coopération au niveau communautaire pour comprendre ensemble les enjeux de l’eau et les compromis que chacun doit faire.


Il devient aussi crucial de développer des systèmes innovants d’économie d’eau, notamment dans le secteur agricole premier usager de l’eau. Le Food Tank recense 7 stratégies pour réduire les gaspillages en eau dans nos systèmes alimentaires actuels :
1. Manger moins de viande
2. Utiliser l’interculture, l’agroforesterie et les couverts végétaux
3. Améliorer l’efficacité de l’irrigation et populariser encore plus la micro-irrigation
4. Améliorer la récolte de l’eau de pluie
5. Utilisation de la téléphonie mobile pour économiser l’eau
6. Planter des cultures pérennes
7. Pratiquer l’agriculture de conservation

Et vous, voyez vous d'autres façons d'avoir une agriculture plus économe en eau ?

Retrouvez l'intégralité de l'article de Jérôme Bossuet sur Youphil.

Olivier

Association Riposte Verte

18 March 2013

La soif d’eau de Wall Street

Les manœuvres en vue d’un marché global de marchandisation de l’eau doivent être arrêtées. Un tel marché pousserait à la hausse les prix de certains produits alimentaires, bien au-delà des pics enregistrés au cours des cinq dernières années, prévient Frederick Kaufman.

Les spéculateurs peuvent déjà parier sur la neige, le vent et la pluie, au moyen de contrats à terme, pouvant être négociés — vendus et achetés — à la Bourse « Chicago Mercantile Exchange ». La valeur du marché de la météorologie a cru de 20 % entre 2010 et 2011. Mais ce secteur demeure chétif : il représente seulement 11,8 milliards de dollars. Il n’en demeure pas moins que ce type de transactions à terme prouve que la fièvre qui s’est emparée de Wall Street transforme mère nature en mère de tous les casinos.

Certains environnementalistes pensent que mettre un prix sur l’eau douce serait le meilleur moyen pour sauver le capital hydrique de la planète. Plus cher elle coûtera, moins nous gaspillerons la ressource.

La financiarisation de précieuses ressources sous-tend une initiative internationale hébergée par le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) et soutenue par l’Union Européenne, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Hollande, la Norvège, la Suède et le Japon : il s’agit de « The Economics of Ecosystems and Biodiversity » (TEEB).

Le TEEB vise à calculer jusqu’au dernier trillion de dollars, de rials ou de renminbi, la valeur des écosystèmes. Le mouvement PES « paiement pour les services environnementaux » (rendus par les écosystèmes) se réfère quant à lui à des choses comme l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons.

On compte, parmi les partisans de ce concept, la Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon le rapport de 2010 du TEEB : « L’accent mis par la société moderne sur le marché des composants du bien-être et notre dépendance quasi totale vis-à-vis des prix du marché pour attribuer la valeur signifient que nous ne mesurons et ne gérons les valeurs économiques échangées qu’à travers les marchés. »


La faculté de Wall Street à tirer des profits de la bulle alimentaire, l’incapacité de Washington à réglementer les dérivés (financiers) globaux et la forte tendance à faire de la nature une marchandise, au moyen d’instruments du type TEEB et PES, ont convergé cet été vers un seul et unique foyer : la sécheresse qui s’est abattue sur les Etats Unis.

Une avalanche de prédictions sociales et environnementales sinistres a accompagné cette sécheresse : en 2035, trois milliards d’êtres humains seront affectés par le stress hydrique, le manque d’eau deviendra chronique, les incendies de forêt se déclareront partout, les moussons deviendront imprévisibles et la fonte des neiges décroîtra de manière drastique, étant donné le nombre d’hivers suffocants.

Or, dans le même temps, l’eau est devenue essentielle pour un spectre de plus en plus large d’industries, allant de la houille blanche à la fracturation hydraulique, de la brasserie à la fabrication des semi-conducteurs. La nappe phréatique est en train de s’effondrer en Asie aux dires des hydrologues. Les politologues voient moult querelles pointer à l’horizon au sujet de la propriété et de l’utilisation des cours d’eau de l’Himalaya et quiconque fore un puits dans le Nebraska sait que l’aquifère de l’Ogallala, dans le centre-ouest des Etats-Unis, est en train de baisser de manière inquiétante.

Les conséquences sont effroyables : destruction d’écosystèmes, extinction d’un nombre incalculable d’espèces, risques de conflits régionaux et internationaux, telles les fort redoutées « guerres de l’eau » du XXIe siècle. Que se passera-t-il quand l’Ethiopie érigera des barrages sur le Nil ? Ou quand le Yémen deviendra le premier pays dont l’eau aura été épuisée ? Une réponse courte s’impose : rien de bon.

Lire la suite de l'article de Frederick Kaufman sur le blog " Carnets d'eau ".

Olivier

Association Riposte Verte

10 March 2013

Le Gouvernement souhaite relancer la géothermie haute température

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a signé le 28 février deux nouveaux permis exclusifs de recherche de géothermie haute température, affichant la volonté du Gouvernement de soutenir la filière.

Deux jours plus tôt, la commission du développement durable du Sénat réunissait une table ronde sur l'avenir de la production d'électricité par géothermie. L'occasion d'identifier les freins qui subsistent au développement de cette filière pleine d'avenir.

Dix-huit demandes en cours d'instruction
"La géothermie permet de produire de l'énergie à partir de ressources renouvelables et sans aucune émission. C'est une filière qui doit être encouragée et soutenue", estime Delphine Batho en annonçant la signature de deux nouveaux permis de recherche. Le premier, accordé à la société Electerre de France, est situé dans les départements du Cantal et de la Lozère. Le deuxième, délivré à la société Fonroche Géothermie, dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées.

Dix-huit demandes sont par ailleurs en cours d'instruction, indique le ministère de l'Ecologie, et des projets de démonstrateurs ont été déposés dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) "Géothermie" du Programme des investissements d'avenir. Signe, selon le ministère, d'une relance de cette filière énergétique, même si la production électrique d'origine géothermique ne représentait que 0,1% de la production d'électricité d'origine renouvelable en France en 2008.

La France ne compte aujourd'hui que deux sites de production de géothermie haute température, celui de Bouillante en Guadeloupe et celui de Soultz-sous-Forêts en Alsace.

Des taux de disponibilité qui peuvent être supérieurs à 90%
La production d'électricité par géothermie présente de nombreux avantages, vante Eric Lasne, directeur général délégué de CFG Service : un moyen de production électrique de base avec des taux de disponibilité qui peuvent être supérieurs à 90%, une production locale indépendante des importations de combustibles, un prix à la production moins chère que les énergies conventionnelles (le tarif de rachat est fixé à 130 €/MWh), la possibilité d'utiliser tout ou partie de la ressource géothermique en cascade (basse énergie, chaleur ou froid) lorsque la température n'est pas suffisamment élevée pour produire de l'électricité.

"Les capacités géothermiques existantes sur les technologies haute température volcaniques seraient de l'ordre de 11 GW au plan mondial, soit une douzaine de tranches de centrales nucléaires", indique Romain Vernier, responsable de la division géothermie du BRGM, en s'appuyant sur des chiffres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Un relais de croissance repose sur la géothermie profonde de nouvelle génération, qui pourrait peser 50% des capacités de production de géothermie en 2050, ajoute le spécialiste, ce qui nécessite de développer un certain nombre de démonstrateurs pour arriver à maturité technologique et déployer pleinement la filière.



"L'expérience de Soultz-sous-Forêts montre qu'il est possible de produire dans un contexte non volcanique et d'améliorer les débits par stimulation", précise Romain Vernier. Et les risques sismiques ? "Il n'y a pas de sismicité associée à l'acte de « foration »", indique Albert Genter du GEIE Exploitation minière de la chaleur, qui ajoute toutefois de manière ambiguë : "on observe des séismes quand on fait des expériences de stimulation".

Quoi qu'il en soit, les avancées technologiques récentes (Organic Rankine Cycle) permettent de produire de l'électricité avec des températures plus basses, ce qui ouvre de nouvelles perspectives avec des forages un peu moins profonds. Pour François Demarcq, directeur général déléguée du BRGM, il y aura du coup une limite économique à trouver en fonction de la valorisation de la chaleur. "La nouvelle génération de géothermie sera la génération de la cogénération permettant de valoriser un peu d'électricité mais beaucoup de chaleur", analyse-t-il.

"Surabondance de la législation"
Toutefois, plusieurs freins au développement de la géothermie à haute température restent à lever selon les professionnels. "Les questions technologiques ne constituent plus un frein sauf les cas particuliers de forages très profonds ou avec des saumures", évacue Jean-Claude Andréini.

En revanche, le président de la commission géothermie du Syndicat des énergies renouvelables (SER) pointe des difficultés de différents ordres. D'abord, la surabondance de la législation et la lenteur des administrations : le régime d'autorisation pour les explorations plutôt que celui de la déclaration implique des délais de deux ans en France contre six mois en Allemagne, déplore-t-il. Ensuite, l'absence de solution d'assurance pour la géothermie électrique freine les projets alors que ce problème est réglé pour la production de chaleur.

Sans oublier les freins "culturels". Jean-Caude Andréini évoque une certaine "irrationalité", voire même un "obscurantisme", dès que l'on parle du sous-sol. "Notre crainte, c'est qu'on assimile la géothermie à la fracturation hydraulique traditionnelle polluante alors que l'on est un métier extrêmement noble", se défend-il.

Parmi les autres attentes des professionnels, Eric Lasne évoque la nécessité de continuer à développer les connaissances sur les ressources géothermales, ce qui passe par la R&D, le développement de démonstrateurs via l'AMI de l'Ademe et des instituts d'excellence. Mais les demandes portent aussi, plus prosaïquement, sur une réévaluation du tarif d'achat à 170 ou 200 €/MWh, et par l'instauration d'une redevance communale pour intéresser les collectivités accueillant les installations. Sans oublier une réglementation adaptée aux territoires insulaires en terme d'importation d'électricité.

Mais au final, "il faut une volonté politique", insiste Jean-Claude Andréini. Cela tombe bien, c'est cette volonté que Delphine Batho semble avoir voulu afficher en délivrant ces nouveaux permis d'exploration.

Laurent Radisson pour Actu-Environnement

Plus d'infos sur le site dédié de l'ADEME et du BRGM

riposteverte.com

4 March 2013

Climat : quels littoraux seront sous l’eau ?

Un cinquième de la population mondiale vit, selon une occupation différenciée, sur les façades littorales. Avec leurs mégapoles et leurs ports, elles sont les écrins des coeurs battants de l'économie-monde. Parcs naturels et paysages idylliques en font des foyers touristiques intenses.

Quels sont les scénarios vraisemblables de montée du niveau des mers induit par le réchauffement global? Où sont localisées les côtes et les îles les plus vulnérables, et pourquoi ? Comment les géographes, les ingénieurs et l'ensemble de la communauté scientifique travaillent-ils avec les sociétés sur leurs territoires  à des stratégies d'adaptation à ces impacts différenciés ?


L'émission, enregistrée en public le 3 février 2012 à la Cité des Sciences est un clin d'oeil à la grande exposition "Océan, climat et nous". Alors que les schématisations abusives nourrissent craintes, phantasmes et films catastrophes, Planète terre fait la mise au point sur la montée des eaux et la vulnérabilité des façades maritimes.

Virginie Duvat et Alexandre Magnan sont géographes. Ils publient Ces îles qui pourraient disparaître aux éditions Le pommier. Retrouvez leur décryptage de la situation des Maldives et des Kiribati sur Globe, le blog tout en images de Planète terre.

Bonne écoute et bon visionnage,

Patrice

riposteverte.com

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