24 June 2013

Eau et énergie : optimiser l’achat pour des bâtiments plus durables

Le groupe d’étude des marchés (GEM) « Aménagements et équipements durables dans le bâtiment » de l’Observatoire économique de l’achat public (OEAP) vient de publier un guide pour orienter les acheteurs publics sur des achats « rentables et efficaces »  en matière d’énergie et d’eau dans un bâtiment.

Ce guide a pour objet de permettre à un acheteur public (et par extension, privé) de prendre des décisions avisées afin de réaliser des achats rentables et efficaces en matière d’ énergie et d’eau dans un bâtiment ou un ensemble de bâtiments. Il vise à orienter la philosophie de l’achat en l’amenant à une réflexion sur l’ensemble des composants qui équilibrent l’ensemble prix-services-impacts.

Ce document met en perspective les interactions entre les différents acteurs en prenant en compte les choix initiaux et leurs conséquences dans une optique de développement durable. Il indique un ensemble de recommandations en vue de fournir une aide à la décision.

La démarche vise à prendre en compte l’ensemble des paramètres économiques, énergétiques, sociaux, sanitaires et environnementaux. Elle considère autant que possible les aspects entrant (eau, énergie) comme sortant (pollution, recyclage...).


Le développement durable efface la dissociation du budget d’investissement de celui de fonctionnement, dans la mesure où il intègre les investissements, les frais financiers, les coûts de gestion, d’entretien et de maintenance assortis de leur évolution dans le temps tout en définissant les moyens nécessaires pour maintenir la qualité de fonctionnement.

Ainsi, le chauffage, la climatisation et la qualité de l’air d’un bâtiment ainsi que la gestion des fluides y contribuant doivent être abordées globalement dès la conception du bâtiment, lorsqu’il est à construire ou fait l’objet d’une exploitation de maintenance.

Pour consulter le guide, cliquez ici

Valéry

17 June 2013

Empreinte eau : le régime alimentaire européen n'est pas soutenable

L'alimentation des Européens est très consommatrice d'eau, en Europe mais aussi dans le reste du monde. Avec le changement climatique, la compétition accrue entre usages, ce régime ne pourra pas perdurer, estime une étude.

Avec la croissance de la démographie mondiale et la diffusion progressive du régime alimentaire occidental, plus riche et plus carné, les pressions sur l'environnement liées à l'alimentation augmentent. Hausse de la compétition dans les usages des terres et de l'eau, pollutions mais aussi sécurité alimentaire mondiale sont en jeu. De nombreuses études insistent sur la nécessité de changer de modèle alimentaire.

Un article scientifique, publié dans la revue Ecological indicators, vient à nouveau alerter sur cette question. Il compare l'empreinte eau de quatre régimes alimentaires : le régime européen moyen (UE27 et Croatie sur la période 1996-2005), appelé régime de référence ; un régime sain (DGE), recommandé par German nutrition society, un régime végétarien (VEG, sans viande ni poisson mais avec des produits laitiers) et un régime alimentaire intermédiaire à ces deux derniers régimes (COM).
Résultat : le régime actuel est le plus consommateur d'eau. Réduire les consommations de viande, d'huiles végétales, de graisses animales et de sucre, en les remplaçant par des légumes et des fruits, permettrait de baisser de 23 à 38% l'empreinte eau des produits agricoles.



84 % de la consommation européenne d'eau

La production agricole de l'UE28 consomme chaque année 552 kilomètres cube d'eau ("empreinte eau production"). Pour sa consommation de produits agricoles ("empreinte eau consommation"), l'Europe consomme 760 km3, une différence liée à l'importation de produits. Les produits alimentaires constituent ainsi la majeure partie de l'empreinte eau européenne (84% pour la consommation), loin devant l'industrie (respectivement 37 et 78 km3/an) et les usages domestiques (20 km3/an).

Une large part de l'empreinte consommation est liée aux produits d'origine animale (397 km3/an). Les produits végétaux représentent 320 km3/an, "alors qu'ils fournissent plus de calories que les produits d'origine animale", soulignent les auteurs. Le cacao, le café et le blé sont également grands consommateurs d'eau.

Or, passer à un régime alimentaire alternatif permettrait de substantielles économies d'eau : -23 % pour le régime sain, -30 % pour l'intermédiaire et -38 % pour le végétarien.

D'autant que le régime actuel présente un apport énergétique trop élevé. Si la consommation actuelle moyenne de plusieurs groupes d'aliments est proche des quantités recommandées (céréales, riz, pommes de terre, lait et produits laitiers, œufs), la consommation de certains groupes de produits devrait être réduite (sucre, huiles végétales, viande, graisses animales) et celle d'autres groupes de produits augmentée (légumes et fruits), notent les auteurs.

Pour les régimes végétariens et intermédiaires, la moitié de la consommation de viande est substituée par des légumineuses et des oléagineux (hors noix), ce qui permet de conserver des apports énergétiques et protéiniques équivalents.


L'Europe peut-elle être autosuffisante ?

"Avec la concurrence croissante sur les ressources mondiales en eau douce, il est peu probable que l'UE28 puisse continuer à compter sur les ressources en eau extérieures dans la même mesure qu'actuellement", souligne l'étude. Pour les régimes de référence et le régime sain, l'empreinte consommation est plus importante que l'empreinte production. En revanche, pour les régimes végétariens et intermédiaires, l'empreinte production est plus importante que l'empreinte consommation.

Outre la réduction de sa consommation externe d'eau, l'Europe devra donc optimiser l'utilisation de ses propres ressources en eau pour la production locale. L'intensification durable de l'agriculture, inspirée de l'expérience de l'agriculture biologique, est préconisée par les auteurs, de même qu'une analyse des gains potentiels de productivité de l'eau au niveau des exploitations agricoles (augmentation des rendements, irrigation précise, cultures moins gourmandes en eau…).

Avec le changement climatique, l'Europe du Sud, exportatrice nette de fruits et légumes, devrait voir ses rendements agricoles diminuer et ses besoins en irrigation augmenter, tandis que l'Europe du Nord, exportatrice nette de céréales, de viande et de lait mais importatrice nette de légumes et de fruits, devrait voir ses rendements augmenter, tout comme ses besoins en irrigation d'appoint l'été.
Une des questions clés est de savoir dans quelle mesure l'UE28 peut devenir autosuffisante (en dehors de certains produits qui ne peuvent être cultivés localement, comme le café ou le cacao), interrogent les auteurs, qui préconisent d'ailleurs une analyse par bassin versant de l'empreinte eau "maximale durable" pour la production.

Sophie Fabrégat pour Actu-environnement.

Olivier

riposteverte.com

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10 June 2013

Dossier : La gestion de l'eau par métier

Sur le site de la CCIP-IDF sont disponibles des fiches sectorielles sur la gestion de l’eau par métier : Garages, Imprimeries, Restaurants, Pressings, Mécanique, Professions de santé. Une information spécifique à la problématique de gestion de l'eau pour chaque branche d'activité est définie :
  • des points de vigilance spécifiques à chaque process,
  • des mesures de prévention de la pollution,
  • les aides financières disponibles, etc...

Pour l'imprimerie par exemple, les thèmes abordés sont :
  • Identification des eaux des imprimeries.
  • Les rejets d'eaux des imprimeries.
  • Les déchets dangereux des imprimeries.
  • La prévention des pollutions accidentelles des imprimeries.
  • Les conditions de déversement des eaux industrielles dans le réseau public.
  • Les chimies vertes dans les imprimeries.
  • Les aides à la gestion de l'eau dans les imprimeries.
A diffuser aux principaux intéressés...

Christophe

www.riposteverte.com

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3 June 2013

Recyclage des grands navires : les armateurs fuient-ils leurs responsabilités ?

Alors que le nombre de grands navires en fin de vie n'a jamais été aussi élevé, l'Union européenne s'apprête à adopter un Règlement pour mieux encadrer leur démantèlement. Pour mettre fin au désossage sur les plages d'Asie, faut-il créer une taxe ? A Bruxelles, les parties s'affrontent sur le sujet.

2012 aura été une année faste pour les courtiers en épaves, ces intermédiaires qui rachètent les navires en fin de vie aux armateurs : quelques 1300 grands navires ont été envoyés à la casse, d'après la coalition d'ONG Shipbreaking platform (1)  . Mais 70% ont été désossés directement sur des plages en Inde ou au Bangladesh, là où les exigences de sécurité et de respect de l'environnement sont notoirement déficiantes. Alors que les navires contiennent, en plus de l'acier, un cocktail de déchets toxiques (amiante, hydrocarbures...), « il y a des explosions massives, des accidents et des blessures (…) parce qu'il n'y a pas de sécurité, pas de précaution et pas de formation pour les ouvriers », s'insurgeait récemment le coordinateur bangladais de la coalition d'ONG, interrogé par Euractiv.

Pour mettre fin à ces pratiques, les ONG et des parlementaires européens militent pour l'instauration d'un fonds de recyclage, qui pourrait être alimenté par une taxe payée lors du passage des bateaux dans les ports européens, avant d'être redistribué aux armateurs, lors du recyclage dans des chantiers aux normes.

L'idée  a été soumise au vote du parlement  européen, le 18 avril : par 299 voix contre, et 292 pour, elle a été rejetée, même si les parlementaires ont appelé la commission à introduire un tel mécanisme d'ici 2015. Alors que le Conseil européen des ministres de l'environnement et le Parlement ont entamé le dernier « round » de négociation sur le nouveau Règlement de recyclage des navires, la bataille devrait continuer à Bruxelles, au moins jusqu'en juillet. L'Europe, qui détient 40% des grands bateaux mondiaux, va-t-elle se décider à tirer vers le haut – ou non - les pratiques de démantèlement ?


Le fonds de recyclage : une éco-contribution pour les armateurs
Pour le député suédois et écologiste Carl Schlyter, auteur de l'amendement sur le fonds de recyclage, la taxe aurait tout à fait pu être adoptée au Parlement. « Le Conseil européen lui-même s'était prononcé clairement pour un tel mécanisme en 2009 », rappelle-t-il, « mais il y a eu un lobbying massif des armateurs et des autorités portuaires, fondé sur une distorsion de la réalité ». Ces derniers auraient fait basculer le vote en brandissant un surcoût de 157% pour les navires, ce qui est faux. « Ils se sont basés sur une version ancienne du fonds, mais notre étude d'impact évalue le surcoût à 3 ou 4% maximum ! », affirme le député.

Chez les armateurs, certains reconnaissent que le démantèlement sur plage pose problème : « Les conditions ne sont pas aussi bonnes qu'elles pourraient l'être, c'est le moins qu'on puisse dire », admet le directeur Développement durable de Maersk, Jacob Sterling, dont l'entreprise a banni ce type de pratiques au profit d'un démantèlement éco-responsable dans des ports équipés pour, en Chine. Mais pour Maersk comme pour la chambre maritime internationale de Londres (qui fédère les armateurs), le fonds de recyclage et le règlement sont une mauvaise réponse, alors qu'une solution existe déjà, à savoir la convention de Hong Kong sur le recyclage des navires .

Sauf que cette convention votée en 2009 mettra au moins dix ans avant d'entrer en vigueur, à supposer qu'elle soit ratifiée, ce qu'aucun Etat  n'a fait jusqu'à présent. Quant à l'autre instrument international sensé réguler les déchets toxiques des épaves, la Convention de Bâle, elle est notoirement contournée par les armateurs, européens (1) rappellent les ONG, grâce à la complicité des acheteurs d'épaves.


Le rôle des « cash buyers » : revendre l'épave au meilleur prix
Méconnus du public, GMS, Clarksons et d'autres courtiers d'épaves sont passés maitres dans l'achat/revente de navires en fin de vie, vendus, notamment par les Européens... hors des eaux européennes, pour contourner les obligations de Bâle sur les exportations. Ce business, qui a représenté 23 millions de tonnes en 2011 et plusieurs milliards de dollars, est caractérisé par une prime à la pollution : plus le recycleur final a des infrastructures « sales » et peu coûteuses, plus il peut offrir un prix de rachat élevé... « En vendant aux cash buyers, les armateurs européens évitent aussi d'être en relation directe avec les recycleurs opérant sur les plages, ce qui pourrait nuire à leur réputation », ajoute la directrice de la plateforme Shipbreaking Patrizia Heidegger.

Au vu de cette réalité, Patrizia Heidegger est assez pessimiste sur l'utilité du nouveau Règlement. « S'il est adopté sans le fonds de recyclage, il incitera les propriétaires de navires européens à recourir encore plus aux pavillons de complaisance !». Et il ne concernera qu'une minorité de bateaux : « 40% des grands bateaux dans le monde appartiennent à des entreprises européennes, mais 20% ont un drapeau européen, et ceux qui sont démantelés à peine 10% ! ». Carl Schlyter,  pense pour sa part qu'un règlement européen serait malgré tout utile, s'il inclue l'interdiction du « beaching » et le principe du fonds de recyclage, même pour 2015. Ce n'est pas l'avis de la chambre internationale maritime, opposée à tout surcoût et à toute régulation autre que celle de Hong Kong.

Thibault Lescuyer pour Novethic.


(1) Créée en 2005, la Shipbreaking platform regroupe 18 organisations, dont des organisations bangladaises, la FIDH, Greenpeace, et la North Sea Foundation.

(2) La Shipbreaking platform publie une liste annuelle des bateaux européens envoyés sur les plages pour démantèlement : on y trouve en majorité des navires grecs, anglais, suisses, allemands, maltes et chypriotes, qui ont un pavillon de complaisance lors du démantèlement et seraient donc non concernés par le règlement.

Emmanuelle

www.riposteverte.com

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