29 July 2013

Pesticides : les villes rendent l’eau potable

Les cours d'eau français sont presque tous contaminés par les pesticides, révèle un rapport récent. Les nappes phréatiques n'échappent pas au phénomène. Les villes peuvent-elles réagir ? Exemple dans la Vienne.

« La contamination des cours d’eau en pesticides est quasi généralisée en France. Seuls 7% des points en sont exempts. » L’étude, rendue publique par le Commissariat général au développement durable (CGDD) ce mercredi 24 juillet, pose également la question de la qualité des eaux souterraines. Certes moins affectées, leur contamination est toutefois très sérieuse puisque ces eaux sont destinées à la consommation.

Chauvigny, petite commune de la Vienne, a dû faire face à une contamination aux pesticides de l’eau des forages destinée à la consommation en mai dernier. Des mesures ont été prises en urgence, dès l’évaluation des dégâts. « L’eau est probablement l’élément faisant l’objet de normes les plus strictes, les contrôles sont donc très fréquents », souligne Carole Lacave, chargée de communication pour la délégation Veolia environnement dans le sud-ouest.




De l’anti-limaces dans l’eau

Et en effet : la qualité de l’eau est encadrée par la Directive européenne sur les eaux de boisson de 1998. Les contrôles reviennent aux services de l’Etat, l’Agence régionale de santé (ARS), et la surveillance à l’exploitant, bien souvent Veolia.

Dans le cas de Chauvigny, les deux forages de la commune font chacun l’objet d’analyse annuelle, « très complètes avec environ 130 paramètres pris en compte tels que les métaux lourds, les pesticides et les bactéries », explique Jean-Claude Parnaudeau, ingénieur d’études sanitaires à l’ARS. Ensuite, la station de traitement est inspectée une fois par an selon 23 critères et deux fois par an pour les pesticides, toujours selon l’ingénieur de l’ARS. De son côté, « Veolia contrôle en continu avec un logiciel disposant d’un dispositif d’alerte automatique », ajoute Carole Lacave. Mais c’est l’ARS qui, en octobre dernier, avait déjà constaté la présence de pesticides.

Même chose plus récemment : les prélèvements de l’ARS ont permis la découverte de pesticides dans l’eau. Ainsi, le 27 mai, un contrôle sur les deux forages permettant l’approvisionnement de la commune en eau potable révèle un taux de pesticides dépassant les normes autorisées : « 2,3 microgrammes par litre de métolachlore et 0,14 microgramme par litre de métaldéhyde : des herbicides et des anti-limaces », explique Jean-Claude Parnaudeau. « En sachant que la norme qualité est respectivement de 0,1 et 0,5 microgramme par litre, l’eau était, selon nos critères, impropre à la consommation », ajoute-t-il. « Déjà en 2009 et 2011, des traces de pesticides avaient été détectées sur l’un des deux forages mais jamais sur l’autre. Avoir deux sources d’approvisionnement contaminées, c’est rare, heureusement. »


Comment traiter rapidement le problème ?

Dans ces cas-là, que faire ? Couper l’eau ? Avant d’en arriver à ce type de mesure radicale, les communes ont la possibilité de déployer d’autres stratagèmes. Chez la voisine de Poitiers, les experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ont décrété qu’un dépassement du taux réglementaire sur une faible durée était admis, tout en respectant le principe de précaution : les femmes enceintes et les enfants doivent boire à la bouteille.
Une fois la population informée, la mairie et Veolia eau ont décidé d’installer une unité de traitement des pesticides, temporaire. Chose faite, le 8 juillet : « Le dispositif était avant cela sur une autre commune », selon l’adjoint au maire chargé de l’environnement.

Coût : 50 000 euros pour un an. Pierre Claval, directeur du centre régional de Veolia, explique : « On installe le module dans l’usine de traitement, avant le réseau de distribution. Après avoir détecté les pesticides et leur quantité, on choisit le charbon le plus efficace pour l’absorption des pesticides. » A Chauvigny, du charbon actif en grains. « Effet immédiat », conclut-il.

Et en effet, le 19 juillet dernier, de nouvelles analyses ont montré que le problème était résorbé. Même si « on attend d’avoir un vrai recul sur la situation », indique Carole Lacave, de Veolia.
Comment envisager des solutions durables ?

Voilà pour les contaminations temporaires. « Si le problème de contamination de l’eau perdure, il est possible d’envisager des solutions pérennes », précise Pierre Claval. Sauf qu’un dispositif permanent de traitement des pesticides coûte 200 000 euros. Dans la région, 12 stations – dont Poitiers – en sont équipées. La commune de Chauvigny est en train d’étudier la solution.

« La mairie devrait présenter à l’automne un dossier au Conseil départemental de l’environnement des risques sanitaires (Coderst) », précise Jean-Claude Parnaudeau. C’est donc le conseil qui décidera au final de la meilleure solution à envisager : dispositif de traitement permanent ou raccordement à une autre commune.

Mais au fait, pourquoi y a-t-il des pesticides dans les eaux souterraines ?

Tous les interlocuteurs cités plus haut s’accordent sur ce point : les fortes pluies du printemps sont responsables de la pollution. Pour Jean-Claude Parnaudeau, « elles poussent à un usage conséquent des herbicides et anti-limaces par les agriculteurs. De plus, la pluie lessive les produits qui s’infiltrent ensuite dans les sous-sols, d’autant que dans la région il s’agit de calcaire fissuré qui absorbe plus que d’autres roches. » Tout de même, il a remarqué « ces trois dernières années, une apparition fréquente dans les analyses de ces deux pesticides ici incriminés ».

Des pollutions dites diffuses, car on ne peut identifier avec précision leur émetteur. Mais dans cette région où les cultures de maïs et tournesol sont dominantes, on se doute que les herbicides ne sont pas arrivés là par hasard. Un audit a été déposé à la Chambre de l’agriculture. Résultats attendus à l’automne.


L’état des nappes en 2011 en France, selon le CGDD : 

« Dans 29% des nappes françaises, les concentrations totales en pesticides atteignent ou dépassent 0,1 µg/l (microgramme/litre). 38% montrent une contamination faible, avec des concentrations inférieures à 0,1 µg/l, et 22% des nappes sont sans pesticide détecté. Mais 12% des nappes n’ont pas fait l’objet de mesure en 2011. »
A suivre donc...

Paru initialement sur Terra Eco

Cyril

riposteverte.com

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22 July 2013

Les eaux de baignade françaises surveillées à la loupe

Avec les grosses chaleurs, les plages font le plein sur tout le littoral hexagonal. Reste encore à s'assurer de la bonne qualité de l'eau. Plusieurs organismes s'en chargent, certification à la clé. Suivant les différents classements la France est plus ou moins bien notée mais la qualité des eaux y reste satisfaisante. La Bretagne fait tout de même l'objet d'une vigilance particulière en raison des algues vertes.

Comme chaque année, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié en début de saison estivale son rapport sur la qualité des eaux de baignades en Europe aussi bien pour les plages côtières, qui comptent pour les deux tiers des sites de baignade, que pour les rivières et les lacs. Les résultats sont plutôt gratifiants : 94 % des sites de baignade de l'Union européenne sont conformes aux normes minimales de qualité de l'eau et 78 % d’entre eux répondent aux critères d’excellence. D’autant plus que ces chiffres tendent à s’améliorer d’année en année. En contrepartie, seuls 2 % des sites n’ont pas satisfait le minimum requis.


La France, mauvais élève ?

Au classement européen qui rassemble les 28 Etats membres et la Suisse, la France joue les mauvais élèves. Alors que ses 3 322 sites, eau de mer et eau douce confondus, font d’elle le pays de L’Union européenne qui offre le plus grand nombre de lieux pour se baigner, elle se retrouve en 25ème position. Selon l’AEE, 60 % de ses eaux de baignade sont de qualité excellente, contre une moyenne de 78 % pour l’ensemble des pays évalués. Les sites en eaux côtières estampillés « non conformes aux valeurs recommandées » se concentrent pour la plupart en Bretagne et en Provence Alpes-Côte d’Azur.

« Ces mauvais résultats ne sont qu’apparents » affirme Pacal Kohaut, chef de projet baignade à la Saur, Société d'aménagement Urbain et Rural. Il note des failles dans le mode de classement du rapport européen. Celui-ci se fonde sur les données fournies par chaque Etat, pour les analyses réalisées pendant la saison balnéaire de l’année précédente. Deux types de bactéries sont recherchés : les entérocoques intestinaux et la bactérie Escherichia coli, qui peuvent indiquer la présence d'une pollution principalement due aux déchets d'élevage ou aux eaux usées. « Le point faible de la France est son très grand nombre de sites de baignade. Contrairement à certains pays, qui en recensent très peu et parfois sauvages. En métropole, beaucoup sont situés près des zones urbanisées, et sont soumis à de plus fortes pressions de pollution. » En effet, 80 % de la pollution provient des excréments d’animaux et de la contamination par les eaux usées des réseaux d’eau pluviales qui se jettent dans ces eaux de baignade. Les épisodes de pluie viennent amplifier le phénomène, en lessivant les pollutions terrestres. « Là encore les pays ne sont pas à égalité. Ceux qui bénéficient d'un climat sec sont moins soumis aux problèmes de pollution. Et il faut noter qu’il suffit d’une pollution minime pour dépasser les seuils recommandés par l'AEE. ». Enfin, la France compte également un grand nombre de points de baignade en eaux douce, « plus difficiles à préserver de la pollution et où elle persiste plus longtemps. »


Le contrôle au niveau français

En France, les prélèvements sont réalisés tous les 10 jours pour les Agences régionales de la santé (ARS). Elles les envoient ensuite à des laboratoires agréés par le ministère de la Santé qui délivrent les résultats sous 1 à 3 jours. Le contrôle inclut également une surveillance visuelle destinée à détecter la présence de résidus goudronneux, de verre, de plastique ou d'autres déchets ainsi que de l’apparition de certains micro-organismes.

Les plages bretonnes font d’ailleurs l’objet d’une surveillance rapprochée pour le développement des algues vertes, qui handicape lourdement le tourisme local. Résultat de l’apport en nitrates issus de l’élevage intensif (ce qui vaut d’ailleurs à la France d’être condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne, elles parent les côtes d’un duvet vert qui dégage du sulfure d’hydrogène  (H2S) lorsqu'il se décompose, un gaz toxique et irritant pour les voies respiratoires. « L’ARS Bretagne intervient dans la mesure d’H2S présents dans l’atmosphère et s'occupe de communiquer les informations au public. explique Murielle Perez, ingénieure d’études sanitaire de l’Agence régionale de santé Bretagne. Il revient ensuite aux municipalités de fermer la baignade et d’organiser le ramassage. »


Label « Démarche qualité des eaux de baignade »

Dès 2014, les Etats membres de l’UE vont devoir se conformer à une directive européenne plus stricte avec pour objectif que toutes les plages affichent une qualité « au moins suffisante » à l’horizon 2015. La France a d’ailleurs créé en 2009 le label « Démarche qualité eaux de baignade » afin de valoriser les sites qui anticipent ce changement en mettant en place un système de surveillance quotidien des sources de pollution et de la qualité de l’eau et informent en temps réel  le public. Selon Pascal Kohaut : « C’est à ce jour le seul véritable moyen de connaître la qualité des eaux, puisque les données sont fournies le jour même, grâce à des techniques d’analyses rapides. Si une pollution est décelée, la municipalité et les citoyens sont informés dans la journée. » Seules 150 collectivités ont à ce jour reçu cette certification. L’outil est encore récent et demande du temps à se mettre en place.

Enfin, un autre label, beaucoup plus connu du grand public, « Pavillon bleu » vient orner 382 sites de baignades, répartis sur 144 communes françaises. Mais ce label ne concerne pas uniquement la qualité des eaux (basés sur les mêmes critères que ceux de l’agence européenne de l’environnement) : il est enrichi de plusieurs autres concernant les aménagements du site concerné, pour les plages et ports de plaisance.

Oriane Dioux pour Novethic

(1)   Le 13 juin 2013 la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt condamnant à nouveau la France pour non-respect de la directive nitrates. la Cour constate « le manquement de la France, dans la mesure où elle n'a pas pris les mesures nécessaires permettant de respecter toutes les obligations découlant de la directive »  datant de 1991 qui vise à « protéger la qualité de l'eau dans toute l'Europe en empêchant que les nitrates utilisés dans l'agriculture ne polluent les eaux souterraines et de surface et en favorisant le recours aux bonnes pratiques agricoles »

Patrice


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15 July 2013

Poisson : à quelle enseigne se fier ?

L’association BLOOM a publié le 5 Juin 2013 son classement des supermarchés français, évalués selon le sérieux des démarches entreprises pour assurer à leurs acheteurs un poisson issu de pêches durables et respectueuses des écosystèmes marins.

BLOOM a évalué la politique générale présidant aux achats de poissons des six principaux groupes de distribution alimentaire (Auchan, Carrefour, Casino, E. Leclerc, Intermarché et Système U) ainsi que leur approvisionnement spécifique en poissons profonds, issus de pêches particulièrement destructrices et non durables. Relevés de terrain, questionnaires et entretiens ont complété la revue exhaustive par BLOOM de la documentation publiquement accessible.


Encore beaucoup de progrès à faire en matière d’achats de poissons durables

La conclusion de cette enquête menée sur cinq mois est qu’aucune enseigne ne satisfait entièrement les critères d’évaluation de BLOOM. Cependant, sur une échelle optimale de 100, certaines enseignes s’approchent quasiment aux trois quarts du score, tandis que d’autres ne dépassent pas la barre des 10%.

Casino arrive ainsi en tête du classement (68%), suivi de près par Carrefour (61%) puis Système U (52%), tandis qu’Auchan (26%) et E. Leclerc (19%) affichent un score faible et qu’Intermarché obtient un score quasi nul (6%) en ne satisfaisant qu’un critère sur les 23 retenus.

« Il existe des degrés d’engagement très variables des marques en matière d’achats de poissons durables » commente Victoire Guillonneau, principale auteure de l’étude.
« Cela place les enseignes à des extrêmes opposés du spectre des bonnes pratiques environnementales. Il nous a semblé important de quantifier ces hiatus et d’alerter les consommateurs soucieux de ne pas encourager, par le biais de leurs achats, l’épuisement inexorable des ressources marines et la destruction des milieux océaniques les plus vulnérables ».


Un moyen fiable et simple qui aide les consommateurs à faire le meilleur choix

Alors que la critique est souvent faite aux guides d’achat de poissons édités par les ONG d’être compliqués à utiliser, le barème établi par BLOOM  donne aux Français un moyen simple de savoir quel supermarché privilégier pour acheter du poisson pêché dans le respect des normes environnementales.

« La relation de vendeur à acheteur induit un rapport de confiance, particulièrement en ces périodes troubles en matière de production industrielle des aliments. La responsabilité incombe aux enseignes d’assurer à leurs clients qu’elles ont fait le travail à leur place et qu’ils peuvent acheter leur nourriture l’esprit plus ou moins tranquille. Avec notre classement, c’est très simple : quand vous avez le choix entre plusieurs enseignes, il faut sans hésiter privilégier Casino ou Carrefour à Intermarché ou Leclerc » s’exclame une autre contributrice essentielle de l’étude de BLOOM, qui insiste sur la totale indépendance financière de l’association vis-à-vis de tous les acteurs de la grande distribution.


Des méthodes d’approvisionnement destructrices toujours utilisées

« Alors que les trois quarts du poisson frais en France est acheté en grandes et moyennes surfaces, il est un peu effrayant de voir que la moitié des enseignes que nous avons évaluées ont des politiques d’approvisionnement faibles ou carrément inexistantes » renchérit Victoire Guillonneau qui rappelle qu’environ 87% des stocks de poissons dans le monde sont aujourd’hui surexploités ou pleinement exploités (FAO 2012)1.

Un certain nombre de ces stocks sont pêchés à l’aide de méthodes destructrices, la plus brutale d’entre elles étant le chalutage de fond déployé dans les eaux très profondes de l’océan (jusqu’à près de 2000 mètres de profondeur), qui dévaste des écosystèmes constitués de coraux millénaires et de créatures souvent centenaires, sortes d’éléphants des océans.

Pour cette raison, BLOOM a porté une attention particulière à l’approvisionnement en espèces profondes des groupes. Là encore, Casino et Carrefour arrivent en tête grâce aux mesures qu’ils ont prises vis-à-vis de certaines espèces profondes particulièrement vulnérables comme la lingue bleue. Toutefois, la fondatrice de BLOOM se dit « déçue » par des mesures qu’elle juge « largement insuffisantes et inadaptées à l’urgence de la situation des océans profonds », impactés de façon sans doute irréversibles par les navires de pêche industrielle.

Intermarché, qui possède la plus grande flotte de chalutiers profonds industriels de France, est l’acteur de la grande distribution le moins éco-responsable et se situe de façon non surprenante en queue du classement. Pourtant, la note attribuée à Intermarché ne prend pas en compte le fait que le groupement des Mousquetaires possède des navires engagés dans la méthode de pêche décrite par les chercheurs comme la plus destructrice de l’histoire.



Des mesures juridiques pour lutter contre les pratiques les plus déviantes

L’étude de BLOOM révèle aussi que les marques les plus engagées dans la mise en œuvre de politiques respectueuses de l’environnement, Casino, Carrefour et Système U, communiquent très peu sur leur démarche, à l’inverse d’Intermarché, qui matraque les Français avec une opération publicitaire nationale destinée à « noyer le poisson » sur ses pratiques de pêche destructives et… à prendre des parts de marché à la concurrence.

D’ici peu, une grande partie de la flotte d’Intermarché pourrait être interdite d’exercer car, en raison de son impact écologique disproportionné et de son modèle économique chroniquement déficitaire malgré d’importantes subventions publiques, la Commission européenne a proposé d’interdire le chalutage profond en Europe. La question est actuellement en cours de négociation à Bruxelles.

Initialement paru sur Greenetvert.com

Emmanuelle

riposteverte.com

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8 July 2013

Bâtiment : comment réduire l'incidence environnementale ?

La Commission européenne recueille les avis des citoyens, des entreprises, des ONG et des autorités publiques sur la manière de réduire l'incidence des bâtiments sur l'environnement et d'utiliser plus efficacement les ressources (donc l'eau).

Les participants sont invités à s'exprimer sur les problématiques du secteur : rendre les bâtiments plus durables, créer des débouchés écologiques pour les entreprises, stimuler la demande, utiliser plus efficacement les matériaux, mesurer la performance environnementale des bâtiments via l'instauration de critères communs, l'accès aux données… Ces avis devront tenir compte des différents impacts environnementaux de ce secteur en terme, par exemple, de consommation d'eau ou de production de déchets.

Certaines des idées recueillies pourront être présentées dans une future communication sur les bâtiments durables.

Cette consultation, qui prendra fin le 1er octobre 2013, est accessible sur le site suivant :

Morgan Brisac pour actu-environnement

Attention : la consultation est en anglais !

Olivier


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1 July 2013

L'UE veut surveiller les émissions GES du transport maritime

La Commission européenne a proposé, le 28 juin, un projet législatif qui obligera, à partir de 2018, les propriétaires de grands navires faisant escale dans les ports de l'Union européenne à surveiller et à déclarer les émissions annuelles de dioxyde de carbone (CO2) de leurs navires.

Cette surveillance pourrait constituer un premier pas vers l'inclusion du transport maritime dans le marché des quotas, l'une des voies proposées par l'Union européenne lors des discussions internationales. Ce projet réglementaire est d'ailleurs accompagné d'une communication dans laquelle la Commission expose sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

"Les règles proposées vont dans le sens d'une approche progressive visant à mettre en place des normes mondiales de rendement énergétique applicables aux navires existants, conformément à la proposition des États-Unis, soutenue par d'autres membres de l'Organisation maritime internationale. Les règles de l'UE seraient adaptées aux normes mondiales dès qu'un système mondial serait mis en place", précise la Commission. "Le système de surveillance de l'UE apportera des avantages environnementaux et économiques au secteur des transports maritimes en renforçant la transparence sur le plan des émissions et en incitant les armateurs à réduire celles-ci. Cette initiative est dans le droit fil des récentes propositions concernant les normes mondiales de rendement énergétique et les mesures fondées sur le marché qui sont en cours de discussion au sein de l'Organisation maritime internationale (OMI)", ajoute Connie Hedegaard, commissaire en charge du Climat.

La Commission estime que ce système de surveillance, de déclaration et de vérification (appelé MRV pour monitoring, reporting and verification) pourrait permettre de réduire de 2% les émissions de CO2 des navires concernés, entraînant une économie pour les armateurs de 1,2 milliard d'euros par an en 2030. Pour rappel, le transport maritime représente, à l'échelle mondiale, 3% des émissions de GES et, à l'échelle européenne, 4% des émissions.


Emmanuelle


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